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Le grand dépositaire de motions – Sven Schulze (Ministre-président CDU) a déposé une motion en faveur de l’agriculture au Bundesrat


Bravo ! Enfin, un véritable visionnaire entre en scène. Un homme qui a autrefois siégé au Parlement européen et qui a brillé comme ministre de l’Économie de Saxe-Anhalt jusqu’en janvier 2026 a déposé une motion au Bundesrat la semaine dernière.


Quelle performance !

Les agriculteurs respirent de soulagement, l’Europe exulte, et les arbres repoussent jusqu’au ciel.

Dans sa publication Facebook, le ministre-président déclare avec sa gravité d’homme d’État habituelle :
« L’Europe ne doit pas faire d’économies sur l’agriculture. [...] Pas de réduction des paiements européens aux exploitations agricoles, moins de bureaucratie et davantage de prévisibilité. Et une chose est claire : chaque hectare a la même valeur. Les exploitations grandes et performantes ne doivent pas être désavantagées. »
Quel esprit révolutionnaire ! Après des années durant lesquelles ces mêmes gouvernements et leurs prédécesseurs ont enseveli l’agriculture sous toujours plus de réglementations, de formulaires et de prescriptions motivées par l’idéologie, Sven Schulze dépose maintenant une motion. Les agriculteurs devraient enfin obtenir « des perspectives claires pour les zones rurales ». Quelle générosité incroyable de sa part de s’emparer personnellement de ce sujet – juste à temps avant les élections.

Dans la vidéo qui accompagne cette annonce, il déclare d’une voix émue :
« C’est chez nos agriculteurs que se décide ce qui se trouvera demain dans nos assiettes. [...] L’Europe ne doit pas économiser sur le financement de l’agriculture. Chaque hectare a la même valeur. [...] Celui qui veut une agriculture forte doit prendre dès maintenant les bonnes décisions pour notre agriculture en Allemagne, en Europe et en Saxe-Anhalt. »
Tingel-Tangel-Schulze, le grand décideur. L’homme qui, en tant que ministre de l’Économie, a déjà accompli tant de choses que même ses collègues de parti ne peuvent plus que rire (du moins selon certains commentateurs attentifs). À présent, il sauve les agriculteurs – grâce à une motion. Quel homme d’action !

La communauté Facebook se montre, comme prévu, profondément impressionnée

« Ce ne sont que des paroles. Exactement comme son chef à Berlin. Rien que des paroles... Nous avons enfin besoin de gens qui agissent en politique et non de figurants grassement payés qui se mettent en scène !!!! », écrit Enrico Schnurre. Un autre commente : « Son incompétence se voit déjà sur son visage. Tingel-Tangel Schulze, le raté qui se prend pour un gourou de l’économie. » Et René Göthe résume la situation : « Quel bavard d...... »

Particulièrement rafraîchissants sont les appels aux conséquences : « Plus jamais CDU ! », « Mensonges électoraux... assez des vieux partis », « Pinocchio 2.0 » ou encore le classique « Paul le sourire ne fait que sauver les apparences ». Un commentateur se réjouit déjà : « Les agriculteurs ont hâte de voir Sven récolter les asperges l’année prochaine. » Délicieuse, cette gratitude démocratique de la base.

Alors que Schulze s’enthousiasme pour la « préservation de notre agriculture forte » et pour un « approvisionnement sûr », des voix critiques rappellent que cette même politique, avec l’accord Mercosur, les importations exemptées de droits de douane en provenance d’Ukraine et des structures favorables à BlackRock, est précisément en train de détruire les exploitations nationales. Mais non – voici maintenant la grande motion. Le salut approche.

Il est presque touchant de voir Schulze défendre les réalisations des partis traditionnels lors de débats publics et expliquer que, malgré toutes les erreurs, tout va merveilleusement bien. La salle rit, les agriculteurs pleurent – et le ministre-président continue de déposer des motions.

Quelle performance, Monsieur Schulze !

L’Allemagne a besoin de davantage de déposants de motions de votre espèce. Encore plus de discours, encore plus de vidéos, encore plus de sourires. L’agriculture vous en remerciera – au plus tard lorsque les dernières exploitations auront fermé leurs portes et que la nourriture viendra d’outre-mer.

Mais d’ici là : continuez ainsi ! Après tout, l’Europe ne doit pas faire d’économies. Surtout pas sur les figurants grassement payés qui se mettent en scène.

Analyse de la politique agricole en 2026 : entre crises, pression réformatrice et rhétorique électorale

Cadre actuel : la PAC 2023–2027 en cours

La Politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne est actuellement toujours dans sa période 2023–2027. Elle comprend des paiements directs (principalement fondés sur la surface), des éco-régimes pour les services environnementaux et des mesures de développement rural. L’Allemagne reçoit chaque année plusieurs milliards d’euros, les grandes exploitations en bénéficiant de manière disproportionnée – précisément ce que Schulze défend lorsqu’il affirme que « chaque hectare a la même valeur ».

Cette politique est constamment critiquée : les agriculteurs dénoncent une bureaucratie excessive, des exigences environnementales trop lourdes et des revenus insuffisants, tandis que les organisations environnementales reprochent le manque d’efficacité des composantes dites « vertes ».

La grande rupture : la réforme post-2027 (2028–2034)

En juillet 2025, la Commission européenne a présenté des propositions pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) ainsi qu’une réforme en profondeur de la PAC. Les principaux éléments sont :
  • Réductions budgétaires : le budget agricole devrait passer d’environ 387 milliards d’euros (2021–2027) à environ 300 milliards d’euros, soit une réduction réelle de l’ordre de 20 à 30 %. Les deux piliers (paiements directs et développement rural) seraient intégrés dans un fonds unique appelé National and Regional Partnership Fund.
  • Dégressivité et plafonnement : réduction plus importante des paiements pour les grandes surfaces (Degressive Area-Based Income Support) et plafonds par exploitation (par exemple 100 000 € maximum).
  • Davantage de flexibilité pour les États membres, mais aussi un risque accru de réductions ou de réaffectations nationales.
  • La simplification est promise, mais reste à démontrer.
La motion déposée par Schulze au Bundesrat s’inscrit exactement dans ce contexte : il réclame l’absence de réductions, moins de bureaucratie et davantage de prévisibilité – une position défensive classique adoptée par de nombreux États membres face aux projets d’économies de Bruxelles.

Situation allemande et saxonne-anhaltienne en 2026

  • Niveau national : après les manifestations agricoles de 2023/24, certaines mesures ont été partiellement annulées (par exemple, le remboursement de la taxe sur le diesel agricole a été largement maintenu ou réintroduit). Néanmoins, les coûts de production élevés, la pression sur les prix due aux importations et la baisse des revenus dans certains secteurs (céréales, betteraves sucrières, pommes de terre) demeurent problématiques.
  • Accord Mercosur : appliqué à titre provisoire depuis mai 2026. Il permet davantage d’importations (par exemple de viande bovine à droits réduits). Les organisations agricoles mettent en garde contre une concurrence déloyale liée à des normes plus faibles en Amérique du Sud, tandis que certaines études prévoient des effets modérés. Les critiques y voient un nouveau clou dans le cercueil des exploitations extensives ou de petite taille.
  • Saxe-Anhalt : Schulze organise des sommets agricoles, des aides à la trésorerie et demande une réduction de la bureaucratie à Bruxelles. Ancien ministre de l’Économie et député européen, il se présente comme le défenseur d’une « agriculture forte », axée sur les grandes exploitations performantes.

Principaux problèmes de la politique agricole actuelle

  • Sécurisation des revenus vs. changement structurel — De nombreuses exploitations dépendent des subventions. Sans elles, beaucoup ne seraient pas compétitives.
  • Bureaucratie et exigences environnementales — Les éco-régimes et les obligations de rapport pèsent particulièrement sur les petites exploitations.
  • Pression des importations et politique commerciale — Mercosur, les importations ukrainiennes et les marchés mondiaux fragilisent les normes nationales.
  • Évolution démographique et climatique — Disparition des exploitations, manque de relève et phénomènes météorologiques extrêmes.
  • Justice distributive — Les grandes exploitations reçoivent la plus grande part des aides ; les réformes cherchent à rééquilibrer cette situation.

Évaluation politique

La motion de Schulze est forte sur le plan symbolique, mais limitée sur le plan du pouvoir politique. Au Bundesrat, il peut influencer le débat, mais les véritables négociations ont lieu à Bruxelles. L’affirmation selon laquelle « l’Europe ne doit pas faire d’économies » sonne de manière populiste, tout en ignorant les contraintes budgétaires européennes (aide à l’Ukraine, défense, numérisation, objectifs climatiques). Dans le même temps, la CDU/CSU a elle-même participé pendant des années à l’élaboration de la PAC et soutenu des accords de libre-échange.

Conclusion 2026 : l’agriculture européenne est confrontée à l’une des transformations les plus profondes de ces dernières décennies. La combinaison des réductions budgétaires, d’une nationalisation accrue, de la dégressivité et de la pression commerciale persistante entraînera probablement de nouvelles cessations d’activité, en particulier parmi les exploitations peu productives ou de petite taille. Les grandes exploitations efficaces (comme celles privilégiées par Schulze) devraient s’en sortir relativement mieux.

La question de savoir si cela conduira à un « approvisionnement sûr » et à une « agriculture forte », comme l’affirme la publication, reste vivement débattue. De manière réaliste, on peut s’attendre à une concentration accrue, à une dépendance plus forte vis-à-vis des importations pour certains produits sensibles et à la poursuite de la disparition des exploitations agricoles. Les responsables politiques répondent par des motions et des sommets, mais les véritables solutions structurelles (par exemple un meilleur pouvoir de négociation des producteurs, une simplification réelle ou des conditions commerciales équitables) restent rares.

Author: AI-Translation - АИИ  | 

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